Laissez à l’Afrique le temps qu’il lui faut !

C’est dingue mais il y a toujours quelque chose à redire sur l’Afrique. L’économie devrait être comme ceci, les présidents devraient être comme cela. Tout le monde s’y met. Du citoyen de l’Arkansas qui n’a jamais vu l’Afrique au parisien anti-macron en passant par ce fameux intellectuel noir qui vit à Lyon. C’est vrai que le changement est pour maintenant mais laissez à l’Afrique le temps qu’il lui faut. Pourquoi? Voici mes deux messages à deux catégories de personnes.

Aux non-africains qui se permettent de nous donner des leçons avec leurs airs condescendants

Loin de me mettre dans la peau de l’éternelle victime noire, avant l’exploitation des Noirs, en Afrique, nous avions des régimes clairs, des sociétés hiérarchisées, des civilisations (oui, même si la propagande esclavagiste a dit le contraire). Nous n’avions pas à nous plaindre. Puis vos ancêtres sont venus foutre en l’air tout ce qu’on a construit et ce, pendant 400 ans. Non Kanye, ce n’était pas un choix ! Ensuite, nous avons eu l’indépendance. Mais pas l’argent pour se prendre en charge correctement. Bien sûr, la France et autres « puissances » coloniales avaient déjà pris beaucoup. Alors, en voulant s’intégrer à la machine mondiale, nous avons pris des prêts auprès des institutions bancaires internationales. Sauf que les programmes qu’ils ont mis en place dans nos pays ne sont pas les voies par lesquels vous êtes passées pour être là où vous êtes (je reviendrai sur ce sujet croustillant plus tard). Conspiration? Aucune idée. On s’en fout. C’est important mais ce n’est pas le plus blessant. Le plus blessant, c’est vous, en tant que citoyens lobotomisés par un Etat, vous veniez nous faire la morale comme quoi on est dirigé par des dictateurs et autres foutaises. Je n’essaie pas de vous faire sentir coupable, ni à nier nos responsabilités dans tout ça. Je tiens juste à vous rappeler que si vous n’aviez pas tué Kadhafi, la Lybie ne serait pas dans ce merdier. Dois-je rappeler Sankara? Sekou Touré? Ah oui, Libérez Gbagbo (rires). Non mais plus calmement, en tant que membre d’une même communauté humaine et mondiale, ouvrez vos esprits à ce qui se trame sur la scène politique (vu que c’est elle qui dirige nos vies dans ses moindres détails) et vous verrez que les choses sont beaucoup moins simples qu’elles n’y paraissent. Je ferai de même.

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Aux Africains

Mes chers frères et sœurs, on ne sortira pas de ce merdier de sitôt. Pourquoi? Parce que quand tu as été brisé, il est difficile de se remettre debout. Si après une dépression, un événement traumatisant, un individu met des mois ou des années à s’en remettre, il ne faut oublier qu’en matière d’Etat et de nation, il faut des siècles pour trouver le mécanisme qui nous sied. Alors, ça va prendre du temps. Et je crois que tout le monde en a conscience. Mais ce n’est pas parce que ça sera long qu’on ne doit pas entamer le processus de guérison maintenant. Il faut juste avoir la foi et se battre pour construire des lendemains meilleurs pour les générations suivantes. Nous sommes les bâtisseurs, les premiers, les leaders. Nous n’avons pas besoin de voir le fruit de notre travail. Nous avons juste besoin que nos enfants honorent notre mémoire et nos batailles. Et voilà, pourquoi nous ne devons pas oublier nos devanciers. Ils ont rendu le monde beaucoup plus supportable pour nous. Faisons de même pour nos enfants !

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