Ce que les étudiants burkinabé et de toute l’Afrique doivent comprendre

Source: Le Monde

 

Il y a encore un grand vent qui souffle dans la sphère des réseaux sociaux. Après le scandale « Esclavage en Libye » dans lequel je n’ai volontairement pas voulu intervenir, c’est l’échange entre le président français Macron et les étudiants burkinabé qui est au cœur des débats. Dans le cadre du sommet UE-UA qui se tient à Abidjan, le président Macron s’est rendu au Burkina Faso. Il s’est entretenu avec des étudiants burkinabés en présence de leur président Roch Kaboré. Vu comme ça, on se serait demandé: qu’est-ce qui aurait pu mal tourner? Et bah, ça a vraiment mal tourné. Il y a eu 3 types de réactions après cet échange sur les réseaux sociaux.

Type A: « Les questions des étudiants étaient nulles ».

Les uns disent que les étudiants ne posaient pas des questions pertinentes et cela témoignait de leur manque d’éducation. Dans un cadre international, il portait des préoccupations qui n’étaient pas censées être destinés à un président autre que Roch Kaboré. A cet effet, Monsieur Macron a très gentiment voulu « twitté » ceci pour nous le rappeler.

 

Type B: « Le président Macron a été condescendant et irrespectueux »

Alors qu’une étudiante se plaignait des problèmes d’électricité, de climatisation de son école, le président Macron lui a bien fait savoir que ce n’est pas de son ressort mais celui de son homologue Kaboré. Ce dernier est sorti de la salle. Et Macron -ce qu’il peut être drôle 😑- a dit que le Pr Kaboré allait de ce pas réparer la climatisation. C’est le ton qu’il utilise qui bât blesse. Beaucoup se sont plaints du fait qu’il n’aurait jamais eu le courage de le dire devant Donald Trump ou un autre homologue européen.

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Type C: « Tout ça, c’est nous. »

Là, c’est mon groupe 😂. Nous ne cherchons pas des boucs émissaires ou d’autres coupables si ce n’est nous-mêmes. On le dit très souvent en Côte d’Ivoire: « si tu te vends à 5 FCFA, on va t’acheter cadeau ». Nous nous plaignons d’avoir laissé la possibilité au Monsieur de nous parler ainsi. Il n’a dit que ce qui allait de soi pour quelqu’un dans sa position.

En outre, j’aimerais surtout qu’on comprenne et assimile trois points vraiment importants.

Point 1: Le monde politique marche comme le vrai monde

On se plaint de tel ou tel injustice au plan politique alors que les mêmes injustices nous les commettons chaque jour auprès de nos amis. Quand vous avez un gars que vous jugez pauvre ou pas assez cool pour vous, vous faites quoi? Vous le traitez avec condescendance et irrespect. Quand vous jugez un mec faible, vous le manipulez, l’utilisez pour en tirer le plus de profit. Le monde politique est le monde que l’on côtoie tous les jours. En plus féroce parce que ce sont des milliers de personnes qui sont concernés mais il n’en reste pas moins que c’est ainsi que marche le monde. Tout est intérêt et rapport de force. Basique.

Point 2: L’Afrique est indépendante

La victimisation, c’est laisser la possibilité à l’autre de dire qu’il tient notre vie, notre destin. C’est ridicule. Si Dieu lui-même n’intervient pas pour me sauver des griffes du Diable, c’est parce qu’il juge que je suis libre. LIBRE. L-I-B-R-E. Nous sommes des êtres libres en tant qu’humain et en tant qu’africain. Venir se plaindre devant le maître des colonies n’était certainement pas l’objet de cet échange. Et Macron nous l’a bien fait comprendre: le « pauvre gars » n’était pas là pour nous donner des leçons paternalistes comme l’ont fait tous ces prédécesseurs. Moi, ce que j’en dis, c’est que c’est un bon politicien: il dit ce qui plaît. Basique. Mais quoi qu’il en soit, la vérité y est. NOUS NE SOMMES PLUS DES COLONIES. Agissons comme des états indépendants. Attends, si le Pr Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire était à la place de Mr Macron, vous pensez que les questions auraient été toujours les mêmes? Je ne pense pas non. Voilà pourquoi il est important de travailler à la libération psychologique des africains. Nous avons encore beaucoup de chaînes qui nous maintiennent encore au stade où nous sommes.
En somme, ce sont les deux points que je voulais que tous les étudiants africains comprennent. Ce n’est pas facile de se débarrasser de conceptions qu’on a depuis l’enfance. Mais l’impossible ne semble pas faire partie de ce monde. Il faut le faire pour nous-mêmes, pour l’Afrique et pour le monde. C’est ma conception des choses. Je serai ravie de voir la vôtre via vos commentaires.

Bisous,
Miss Africa.

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