Pourquoi faut-il revoir le système éducatif africain?

Trois bonnes raisons de revisiter l’école africaine

des jeunes élèves dans une salle de classe
Assata Shakur, leader du mouvement des droits civiques, écrivait dans son autobiographie:  » Personne ne vous donnera l’éducation dont vous avez besoin pour le surpasser ». Elle parlait bien entendu du système colonial. Assata Shakur affirmait avec la conviction qu’on lui connaît, que le système éducatif dans lequel naît et évolue les Africains n’est pas adapté à leurs réalités. Elle n’est pas la seule à penser comme ça. Je partage également son point de vue. Bien que je ne prenne pas seulement en compte le volet colonialisme. En trois points, découvrons ensemble pourquoi notre système éducatif doit être « réaménagé ».

Une éducation qui déracine 

Comme toutes les autres institutions, l’école africaine est restée quasiment la même depuis l’époque coloniale. On ne nous apprend pas tout ce qu’il y a à savoir sur nous, sur notre culture, sur les grands hommes africains qui ont bouleversé le cours des choses (et ne me parlez pas des BIG MEN* s’il vous plaît). En terminale, j’ai passé plus de la moitié des horaires d’histoire à apprendre la bipolarisation du monde. Tandis que le cours sur l’indépendance de la Côte d’Ivoire a à peine duré quelques séances. Et ne me parlez pas de celui sur l’influence de l’Occident sur la culture négro-africaine, je ne l’ai même pas reçu. Je ne fais pas de mon cas une généralité. Je me suis renseignée. Le prince Kum’a Ndumbe III du Cameroun, a utilisé des termes plus forts en disant que « les africains sont de plus en plus éduqués mais aussi de plus en plus illéttrés. ». Il voulait juste dire que l’école ne suscite en nous une envie d’en apprendre plus sur nos origines. Nous n’apprenons pas ce qui nous concerne directement. Résultat: des Africains qui ont pour base culturelle, la culture de l’Europe.

La culture, un enjeu premier pour le développement

Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO soutient: « La grande force de la culture, des biens et services culturels, c’est leur double nature, à la fois économique et culturelle.

Masques africains

Le secteur culturel crée des emplois, des revenus, des compétences, et en même temps les produits culturels portent des valeurs, des repères qui sont des leviers d’identité, de cohésion sociale, de mobilisation collective.(…) La culture est devenue un enjeu premier pour le développement. C’est indéniable si l’on regarde les choix de pays comme la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, d’investir massivement dans les industries créatives. En 10 ans, le poids de la culture dans les politiques nationales de développement a bondi. Elle fait aussi partie des stratégies de sortie de crise« . Sauf que notre système éducatif est conçu de tel sorte qu’on sorte lobotomisé. Sans oublier les facteurs externes qui nous poussent de plus en plus à abandonner ce qui fait de nous des africains. Le prétexte le plus entendu, c’est qu’il faut embrasser la mondialisation. Sauf que pour avancer de manière durable, il faut avoir une identité et des repères typiquement locaux. 

 

La mauvaise gestion des ressources au niveau de l’éducation

 
Egalement, il faut jeter la pierre aux politiciens. Les décisions au niveau pédagogique sont hyper centralisées.  Aussi, est-il aisé de constater la lenteur exaspérante de la bureaucratie et la gabegie financière de presque toutes nos institutions. Et quand il n’y a pas d’argent, il reste peu de projets et de changements réalisables. 
 
 

Enfin, il apparaît que notre système éducatif est archaïque, détaché de nos spécificités culturelles et mal géré. Je suis sûre que l’analyse que j’en ai faite, a déjà été réalisée par nos imminents ministres de l’Education Nationale. Mieux, ils ont des éléments que je n’ai pas noté et dont je n’ai pas connaissance. Alors, NOUS (parce que je sais ne pas être la seule) nous demandons pourquoi rien a encore changé? Réduire ou augmenter le nombre de points d’admission aux examens ne produiraient pas des élèves plus brillants. On peut arrêter de s’axer seulement sur le superficiel et se pencher sur les réels problèmes, s’il NOUS plaît? Dans un prochain article, celui de Lundi, j’expliquerai pourquoi je pense que la plus grande part du budget étatique devra être investie dans l’éducation.

I can change the world
Je peux changer le monde si je suis éduqué convenablement

En attendant, je serai enchanté de lire vos commentaires sur les problèmes du système éducatif africain et bien sûr, les solutions que vous préconisez.

*Big Men: les premiers présidents des pays d’Afrique qui ont réussi à libérer leur pays. 

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