Nous sommes toujours des victimes du Yovodah

 

 Esclaves de la FranceVous rappelez-vous de mon article sur les origines du panafricanisme? Je disais que la première raison de la conférence panafricaine de 1900 était de trouver des mots et des termes pour définir les réalités des africains en Afrique et des africains de la diaspora. Le terme « Yovodah » est l’un d’entre eux. Il témoigne avec vérité des souffrances du peuple noir depuis sa rencontre avec les européens. Les panafricains jugent- avec raison- que les mots du Larousse comme « traite négrière » ou encore « commerce transatlantique » sont beaucoup trop subtils pour définir ce qu’a vécu le peuple noir.

Qu’est-ce que le Yovodah?

Yovodah vient de la langue Fon (Bénin). YOVO désigne le « criminel », c’est-c’est-à-dire l’européen. Et DAH peut être traduit en cruauté ou cruel. Reconnaissons que ce mot est plus vivant et parle mieux à ceux qui l’utilise, les victimes.

Portrait d'une femme noire

Les européens depuis les temps d’Aristote ont toujours été des partisans de l’esclavage en commençant par les slaves d’Europe. Le mot « esclave » vient justement de cette période. Quant à l’anglais, l’esclave se dit toujours « slave », voyez-vous.

Toutefois, le Yovodah reste le plus grand crime commis contre l’humanité de par sa longueur et son ampleur. Les historiens ont tendance à diviser l’historiographie des Noirs en trois parties notamment l’esclavage, la colonisation et les indépendances. Alors que le terme « Yovodah » prend en compte ces trois grandes parties. Parce que oui, le Yovodah n’a pas pris fin.

Les africains, toujours des victimes du Yovodah?

Logo de la Banque Mondiale
Qu’on soit tous bien clair, le Yovodah est un terme qui définit à la fois l’esclavage, la traite négrière et la colonisation. En d’autres termes, c’est la domination du Blanc sur les Noirs qu’il qualifie.
Ne trouvez-vous pas que nous sommes toujours dans cette conjoncture historique? Bien sûr les faits sont plus subtils. Après tout, il faut être cohérent entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. Pourquoi parler tout haut de droits de l’homme sans les faire respecter officiellement. J’ai dit officiellement. Alors on utilise des méthodes moins ostentatoires pour dominer, pour faire subir une pression, pour faire faire exactement ce qu’on veut sans obligatoirement la bonne volonté de l’autre partie. N’est-ce pas là, la définition de l’esclavage?
Vous l’aurez compris, le Yovodah fait partie de notre passé, de notre présent mais certainement pas de notre futur. Mais pour cela, il faut que nous en ayons conscience. Il faut que chaque africain connaisse son histoire en profondeur pour pouvoir faire les meilleurs choix. Pour finir, je vous laisse un fait du Yovodah qui m’a choqué au point de m’en donner la chair de poule.

L’histoire de la Vénus Noire.

La Vénus Noire Hottentote
Source: l’Encre Noir
J’en ai pris une version sur le site de Libération.
 
« Jeune paysanne sud-africaine, Saartjie Baartman («petite Sarah» en afrikaner), fut l’une des milliers de «sauvages» importés des colonies en Europe et dans tout l’Occident pour distraire et édifier les foules, avides d’exotisme et de grand frisson. Fille de paysan bochiman, la jeune femme est amenée au début du XIXe siècle en Europe par un fermier fruste, Caezar, qui l’exhibe nue. Car, comme les documents d’époque l’attestent, la jeune femme présente non seulement une hypertrophie des hanches et des fesses mais aussi un sexe particulièrement volumineux, le «tablier hottentot», qui intrigue fortement les naturalistes.
A Londres, on se presse pour voir la Vénus noire encagée. Puis elle sera exhibée à Paris pour divertir les salons libertins où ses attributs font sensation.
La Vénus callipyge finira seule, abandonnée dans un bordel, avant d’être offensée une ultime fois par les scalpels du Musée de l’Homme: à sa mort, Georges Cuvier, l’un des pères de l’anatomie moderne, obtient de la disséquer et d’en conserver le squelette, ainsi que les fesses et les organes génitaux placés dans le formol.
Ses restes seront conservés au Musée de l’Homme jusqu’à leur restitution à l’Afrique du Sud, après l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela. « 

 

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