Zoom sur le peuple Akan

« Connais-toi toi-même. »
Par cette injonction très célèbre jusqu’aujourd’hui, Socrate démontrait encore une fois qu’il n’y a de plus efficace démarche pour connaitre et comprendre le monde que de saisir dans un premier temps ce qui nous est le plus proche. A mon avis, cela résume tout et donne un point de départ logique dans notre quête de savoir. Il ne s’agira ni d’introspection, ni de famille – quoiqu’il m’en aurait été fort aise- mais plutôt du peuple Akan.
Parmi les passionnantes histoires qui définissent l’identité de bon nombre des peuples en Afrique, j’ai choisi, chers lecteurs, de vous conduire au travers de celle du peuple Akan auquel j’appartiens.
En ce qui concerne les origines profondes, à l’instar de nombreuses populations en Afrique, il existe chez les Akans certains signes traditionnels qui laissent penser qu’ils aient pu appartenir à l’Egypte ancienne, au Moyen-Orient ou même au Maghreb.

Adinkra, symboles Ashanti s’apparentant à des hiéroglyphes

Même si tout ceci reste à prouver, il n’en demeure pas moins que suite à plusieurs migrations vers des régions d’Afrique de l’Ouest, ils aient pu rencontrer des peuples de langue Guan ; lesquels contacts auraient pu donner naissance à tous les dialectes portant la bannière Akan. J’ai cité les Ashanti, les Fanti, les Sefwi, les Nzima et d’autres pour le Ghana ; les Baoulé, les Agni, les Abron et d’autres pour la Côte d’Ivoire.
On en dénombre à peu près 20 millions répartis majoritairement sur les territoires du Centre-est, du Sud-est de la Côte d’Ivoire mais aussi sur ceux du Sud du Ghana. Leur système politique se caractérise par une importance fondamentale donnée à la reine-mère qui seconde le Roi dont le pouvoir est symbolisé par le tabouret.

Tabouret royal Akan

 

Une reine mère au Ghana

Il existe d’autres points comme la symbolique particulière qui associe le Kaolin et le coq blanc au bonheur d’autant plus qu’il s’agit là de la couleur d’une instance religieuse respectée chez les Akan

Prêtresses Akan, « Kômian »

formée par l’ensemble des prêtresses.

Ces peuples sont aussi connus pour être très friands d’igname « N’gbô » en Baoulé, ceci au même titre que des peuples Igbo du Nigéria, au point où il est organisé une fête annuelle en l’honneur de ce tubercule.
Parmi les illustres personnalités Akan, il m’importe de faire un arrêt sur celles dont on ne parle pas ou pas assez dans nos manuels scolaires.
Le Roi Osei Tutu qui fut le premier à unifier les Ashanti et le quatrième souverain du royaume.

Asantehene Nana Osei Tutu Agyeman

Il s’est distingué en remportant une série de mémorables victoires contre les états voisins.
Le Roi Opokou Waré qui succède à Osei Tutu, exploita les mines d’or de son pays pour acheter des armes à feu et asseoir une domination totale sur un royaume qui couvrait tout le Ghana, des territoires de Côte d’Ivoire et du Togo actuels.

La Reine Pokou conduisant son peuple

Abla Pokou, nièce du Roi Osei Tutu et Reine mena vers 1770 le peuple Baoulé du Ghana vers la Côte d’Ivoire. C’est au sacrifice de son fils, monnaie d’échange contre la traversée du fleuve Comoé par son peuple, que les Baoulé lui doivent leur nom. « Ba-Ouli », l’enfant est mort.

Je reste convaincu que dans les histoires de nos peuples se trouvent des richesses, des trésors que nous gagnerions à nous hâter de découvrir pour apporter des réponses aux questions ô combien cruciales pour ce monde qui est le nôtre. Vous aussi, vos peuples ont une belle histoire à raconter. Et si vous nous la partagiez ?

Par Mister Africa Joël Mensah

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