(Billet invité) Le Monde s’effondre……et cela continue !

 

Cet article a été écrit par un de mes collaborateurs une semaine auparavant. Je ne me doutais pas qu’il servirait à rendre hommage à une oeuvre d’un si grand auteur africain. C’est avec peine que j’ai appris la mort de cette légende littéraire africaine. Je vous laisse découvrir ce billet.

L’Afrique est un beau continent. C’est une terre riche non seulement de ses valeureux fils et filles, de son patrimoine culturel et naturel –qui lui vaut d’ailleurs toute cette hypocrisie occidentale – mais aussi et surtout de son Histoire. Oui, cette histoire qui nous colle à la peau jusqu’à nous définir malgré nous; c’est histoire que nos systèmes éducatifs tentent tant bien que mal de rappeler aux écoliers ; cette histoire dont il nous faut être les plus fiers parce qu’elle témoigne de la Force incroyable que cette Terre dégageait et continue de dégager.

Aujourd’hui, permettez-moi chers lecteurs et lectrices de me saper du costume de griot pour vous amener sous les cieux Nigérians avant, pendant et après l’arrivée des colons britanniques.

 

Albert Chinualumogu Achebe, de son Alias d’Auteur Chinua Achebe, est un écrivain romancier, nouvelliste, essayiste et poète nigérian né en 1930 et mort en 2013 à Boston (USA). Le long de sa vie, son combat pour la mise en lumière de la Vraie Histoire africaine et pour la Paix a été récompensé de bien des manières ; il reçut entre autres distinctions le Nigerian National Trophy for literature, le Commonwealth Poetry Prize à deux reprises et le Nigerian National Merit Award. Son œuvre principale se compose de « No Longer at ease » (Le Malaise) et de « Things Fall Apart » (Le Monde s’effondre) parut en 1958 et considéré depuis comme un classique de la littérature africaine moderne.

Je vous présente un résumé de ce roman rédigé par Hassan Kindo, blogueur :

«Le Monde s’effondre est un témoignage sur le mode de vie des africains avant et pendant la colonisation de l’Afrique noire par les européens. Jadis, enraciné dans la culture, le Ibo connaîtra un bouleversement socio- culturel dès les premiers jours de l’arrivée des colons.

En effet, ce peuple étant animiste, accordait une grande importance aux valeurs traditionnelles. Les traditions Ibo gardent leur importance lorsque survient un évènement malheureux ou joyeux. Okonkwo, le personnage principal de cette œuvre est un farouche guerrier et un grand cultivateur qui projette de rehausser l’image de la famille ternie par un père assisté et paresseux. Chinua Achebe brosse donc le portrait d’un homme rude, complexe, ambitieux qui veut s’accomplir et devenir une figure emblématique de son clan.

C’est pourquoi il fut désigné par les responsables du clan pour l’enlèvement d’Ikemefuna et de la vierge fille en compensation d’une femme assassinée dans le village voisin Mbaino. Mais ce dernier fut contraint à l’exil pour avoir tué le fils âgé d’Ezeulu lors de ses funérailles tandis qu’il lui restait quelques années pour prendre les plus hauts titres du clan. L’exil d’Okonkwo sera marqué par l’avènement de la colonisation à Umuofia.

Après sept ans d’exil, Okonkwo regagna la terre paternelle et trouva que la société était divisée. Les partisans de la nouvelle religion furent entrés en conflit avec les détenteurs de coutume, car Enoch (converti) ôta le masque à un Egwugwu lors d’une cérémonie (sacrilège). En réplique, les membres du clan détruisirent l’église. Ce qui conduisit Okonkwo et cinq autres autorités en prison. A la sortie de la prison, Okonkwo lança un appel à la révolte mais n’ayant pas le soutien, il décida de se suicider. »

J’exhorte nos chers lecteurs et lectrices à reconnaître le mérite de cet auteur pour avoir su si habilement traiter de problématiques qui rythment encore aujourd’hui l’actualité de notre cher continent tout en nous immergeant dans le vécu Igbo d’Okonkwo dont le monde s’est effondré du jour au lendemain à cause d’invités surprise. J’entends comme thèmes : la Culture ou plutôt l’acculturation, la tradition ancestrale, la colonisation, la religion, l’organisation politico-sociale précoloniale, le statut de la Femme. C’est un véritable appel qui nous est lancé à jeter un regard certes critique mais différent sur cette Histoire qui nous façonne tous, se poser les bonnes questions et revoir nos ordres de priorité dans ce qui définit notre identité culturelle. Avant l’invasion coloniale, il existait une Afrique fière, autonome et prospère et ce n’est pas celle dans laquelle nous sommes nés.

Qui étions-nous originellement ? Que cela vaut-il aujourd’hui ? L’africain -version 2016- est-il encore vraiment Africain ? Que serait devenue l’Afrique n’eût-été la visite de nos voisins d’occident ?

« Pour ma part, je serais plus que satisfait si mes romans pouvaient déjà montrer à mes lecteurs que leur passé — avec toutes ses imperfections — n’était pas une longue nuit de sauvagerie dont ils ont été délivrés par les premiers Européens agissant au nom de Dieu. »

Chinua Achebe, 1965

Signé Joël Mensah N’Da 

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