(Billet invité) La cravate

 

Dans une journée, il n’y a que vingt-quatre petites heures. Pour cette partie de la population qui en a terminé avec les études, tout ceci se résume idéalement à un tiers passé à profiter de la famille et des amis, un tiers passé à se reposer mais enfin et surtout un tiers passé à gagner son pain.

En vrai, le travail occupe une place beaucoup plus importante dans nos vies. Le marché de l’emploi est d’une compétitivité telle qu’il faut intégrer dans nos habitudes, des horaires flexibles mais que dans le sens de l’allongement. Le travail s’invite dans nos discussions entre amis, dans nos maisons, dans les transports en commun. Tout ceci est-il épanouissant ?

Je suis étudiant. Sur mon curriculum vitae peu garni, on peut quand même remarquer quelques stages effectués. Le tout premier représentait beaucoup pour moi dans la mesure où j’allais découvrir ce qu’est vraiment travailler. Auparavant, je n’avais connu que l’école, les cours, les devoirs, tout ce qui va avec. Mais là j’allais voir le travail de l’intérieur. Il ne me fallut que quelques jours pour comprendre ce que nos parents ressentaient en nous voyant s’adonner au gaspillage de ce qu’ils avaient tant souffert à obtenir. L’un des éléments les plus contraignants de ce stage était la tenue vestimentaire obligatoire ou plus précisément le port obligatoire de la cravate.

Mes goûts vestimentaires ne sont pas ici remis en question. Jusque-là, la cravate avait été pour moi cet accessoire qui porte une touche de « class » à une tenue lors d’occasions particulières. J’allais la considérer presque comme un outil de travail. Les jours se succédaient et le son du réveil se faisait de plus en plus désagréable, les jambes se faisaient de plus en plus lourdes sur le chemin du bureau, les heures se faisaient de plus en plus interminables. J’accusais la cravate. De m’étouffer, de faire transpirer, de me limiter la réflexion, peu importe. Je l’accusais d’être la raison de ce soudain malaise au travail. Je me persuadais que je serais beaucoup plus jovial et productif si elle ne m’était pas imposée.

Un jour, en début de matinée, alors que je me tenais entre deux hommes dans les transports en commun, je fis une remarque. Ils semblaient se rendre sur leurs lieux de travail respectifs mais affichaient la même humeur que moi dans ma récente vie de stagiaire : grise et morose. Plus intriguant encore, ils n’avaient pas de cravates. Cela m’a interpellé à un point tel que j’ai compris que la cravate n’était pas en cause. Dans un autre cadre, je m’en serais bien accommodé tout simplement parce que je n’étais pas à ma place. Ce stage m’avait au moins appris une chose : je n’aimais pas ce métier.

Mais que faire pour vivre épanoui dans un monde où le choix libre et assumé de carrière est un concept de plus de plus flou à mesure que l’on descend de l’échelle sociale ?

A cette question, il m’est venu comme réponse que vivre épanoui, c’est :

§ Faire ce qu’on aime parce que l’Amour est le sentiment le plus puissant qui existe.

§ Faire ce qu’on aime parce que ce n’est qu’ainsi qu’on excelle.

§ Faire ce qu’on aime parce qu’une cravate n’a pas vocation à servir de sangle.

§ Faire ce qu’on aime parce que le cœur n’a qu’une seule parole et que notre vie mérite d’avoir un seul et unique sens.

· Ne pas travailler pour faire plaisir aux parents parce que contrairement aux apparences, c’est uniquement notre bien-être et notre épanouissement qui leur importe.

· Ne pas travailler par nécessité parce qu’un vide dans l’esprit est plus destructeur qu’un vide dans l’estomac.

· Ne pas travailler pour l’argent parce que les plus riches de ce monde le sont soit parce qu’ils ont poursuivi leurs passions, soit via des procédés peu recommandables et je sais que les lecteurs sont animés de bonne foi.

· Ne pas travailler pour s’occuper de peur d’attendre d’être libre toute sa vie.


Enfin, faire ce qu’on aime pour se coucher en ayant hâte du lendemain et se réveiller en laissant un sourire précéder l’ouverture de nos yeux.

 
 
Un grand merci à Kouassi Joel Mensah, Etudiant en Master Finance d’Entreprise à ISCAE Casablanca. 
Sachez que vous aussi pouvez m’envoyer vos articles par mail: leblogdemissivory@gmail.com

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