Isoro

 
 

L’histoire d’Isoro, un parmi tant d’autres 

Enfant malade en Afrique

Son petit corps chauffait alors qu’il tremblait de froid sous le gros pagne de sa mère. Cette dernière, assise à ses côtés sanglotait en regardant son fils. A peine âgé de quatre ans, il souffrait d’un mal dont les parents ne savaient l’origine. Sous le drap, se cachait un corps frêle. La peau sur les os, Isoro semblait si petit, si fragile. Sa tête paraissait tellement grande proportionnellement au reste de son corps. Cela faisait maintenant une vingtaine de minutes qu’il haletait. Sa mère qui avait dû se rendre à l’évidence qu’elle était incapable de faire quoi que ce soit, le regardait souffrir. De temps à autre, elle se levait pour aller vérifier si son mari revenait. En effet, le père d’Isoro était parti à la recherche de médicaments chez la « tradi-praticienne » du quartier. Dans l’impossibilité de payer des médicaments à la pharmacie, ils se référaient à ces médecins de cette Afrique traditionnelle. Mais à présent, même ces remèdes  paraissaient être vendus à des prix exorbitants du point de vue du portefeuille de la famille d’Isoro.

« Mon Dieu, faites que cette vieille dame lui accorde un crédit » pensa la mère d’Isoro une énième fois quand elle se tint debout à l’entrée de la cabine qui leur servait de maison. En amont, les voitures défilaient ; certaines, ostentatoires rappelaient à la mère d’Isoro sa condition financière et sa vulnérabilité. Elle n’a jamais connu le confort et la satiété. Elle avait toujours vécu dans la misère et le travail/exploitation compte tenu de la miette de salaire qu’on lui versait. Cependant, elle s’en est toujours contentée. Après tout, ils arrivaient à survivre. Et à quoi bon se plaindre ? Prendre le risque de perdre le peu qu’elle gagnait était inimaginable. Jusqu’au jour où son mari s’est fait licencié par son employeur. Il travaillait dans la plantation de celui-ci en tant que contremaître. Après une sale affaire de vol où il fut accusé injustement, il perdit sa place et la plus importante partie du revenu familial mensuel. Par la suite, Isoro commença à tomber malade. Au début, ce n’était qu’un rhume. Comme tout parent qui n’en a pas les moyens, les parents d’Isoro négligèrent ce premier symptôme. Puis s’ajouta la toux. Et depuis, Isoro va de mal en pis.

Ses parents ont couru voir des médecins traditionnels. La première fois, ils purent s’acquitter des frais de médicaments mais l’état de leur fils après quelques jours continuait d’empirer. Les visites suivantes chez les guérisseurs les décourageaient. Ils étaient incapables de payer ce qu’ils leur demandaient. Et les guérisseurs, de plus en plus méfiants n’accordaient plus de crédit.
          Aminata, cria une voix grave sans enthousiasme.
Le père d’Isoro descendait la côte. Une analyse rapide de ses expressions faciales permit à la mère d’Isoro de conclure que son mari n’avait pas trouvé de quoi sauver leur petit garçon, leur premier et unique enfant. Toutefois, elle attendit qu’il soit proche et qu’il lui confirme ses craintes avant de s’effondrer.
« Mon fils ne peut pas mourir. Sauve-le »n’arrêtait-elle pas de dire et redire en frappant sur le torse de son époux comme si cela pouvait lui faire extraire les médicaments. Il finit par s’éloigner, les mains dans le visage, honteux. Il se sentait impuissant et inutile. Il aurait aimé donner plus mais Dieu seul sait combien de portes il a frappé, combien de fois il a supplié. Il était las.
Aminata était de nouveau rentrée dans l’habitation et scrutait le moindre signe de vie d’Isoro. Sa respiration s’était régulée. Elle semblait toujours aussi difficile mais au moins il respirait. Et pour Aminata, c’était le plus important.
 

Isoro mourut cette nuit-là, laissant des parents démunis et un couple détruit. 

Comme Isoro, ce sont des milliers d’enfants qui meurent chaque jour d’une maladie curable. 

Une maladie qui, pour vous ne constitue plus une menace est pour eux une autre route vers la mort. 

La pauvreté et le manque d’infrastructures compétentes sont les causes de ces milliers de tragédies plus proche de vous que vous ne le pensez. 

Si une distribution plus équitable des ressources était faite, si le fossé entre riches et pauvres serait moins grand, le nombre de décès infantiles diminuerait drastiquement. Mère Teresa disait que notre contribution au monde est semblable à un grain de sable mais que le monde serait moins bien sans ce grain de sable. 
Agissons dès maintenant pour un monde meilleur et pour cela pas besoin d’être ambassadeur de l’UNICEF. Ça commence par la considération de l’Autre, un sourire, une poignée de main chaleureuse.

Soyons acteurs du changement.
 
 
Signé Miss Africa

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